Les 12 étapes

Les programmes en 12 étapes

Lindeman (1993) démontre l'efficacité de la philosophie des 12 étapes. Cette approche révèle des résultats positifs chez les personnes dépendantes dont le contexte social soutient ou favorise la dépendance (Longabaugh, Wirtz, Zweben & Stout 1998). Intégrés dans l'accompagnement de travailleurs alcooliques (16) , ces programmes se révèlent efficaces pour réduire les risques encourus sur les lieux de travail du fait de la dépendance. Smart & Mann (1990, 1991, 1993) illustrent l'impact des AA par le biais d'une diminution de la cirrhose du foie. Emrick, Tonigan, Montgomery & Little (1993) soulignent la faible corrélation (et la grande variabilité) existant entre la participation aux AA et des critères autres que l'attitude face à la boisson (travail, relations, bien-être psychique, spiritualité,...) malgré l'efficacité des 12 étapes, les recherches effectuées plaident en faveur d'un traitement résidentiel préalable (Walsh, 1991).

Avantages du modèle Minnesota: Parmi les centres européens traitant la dépendance, l'étude finlandaise de Kenso et Salaspuro (1990) a montré des différences très significatives entre un traitement Minnesota Modèle et une approche traditionnelle de la dépendance (réhabilitation psychique, physique et sociale). Les auteurs de l'étude se basent sur des données récoltées par un questionnaire et sur des mesures objectives de la consommation d'alcool. Résultats: Les patients ayant suivi le programme 12 étapes du Modèle minnesota font preuve pendant le traitement d'une meilleure implication, d'un soutien et d'une spontanéité plus développés, ainsi que d'une attention plus intense et mieux adaptées pour leurs problèmes personnels; ils considèrent le traitement comme étant mieux structuré. Le programme Modèle Minnesota enregistre moins d'abandons (7.9 vs. 25.9%). Si il n'y a pas de différence significative dans les résultats pour la période de suivi comprise entre 0 et 8 mois, les résultats sont nettement supérieurs en faveur de Modèle minnesota dans une perspective de long terme (8-36 mois). Cette différence est due à une chute du taux d'abstinence dans l'approche traditionnelle, ce qui signifie que le programme Minnesota Modèle est plus efficace quant au maintien des résultats à long terme. De même, le pourcentage d'abstinence pendant la première année suivant le traitement se révèle être à l'avantage du Modèle Minnesota (14% vs. 1.9%).

Un autre projet européen en Suède est cité par Leane et Powell. Ils comparent, dans une étude clinique randomisée, les patients d'un centre de réhabilitation appliquant le Modèle Minnesota avec des patients d'un centre ambulatoire et des personnes dépendantes sans prise en charge. Le Projet MATCH est une large étude comparative entre 3 modèles de traitement: TCC (thérapie cognitivo-comportementale), EM (entretien motivationnel) et TSF(twelve steps facility). L'accent a été mis sur la différence d'efficacité des différents programmes de rétablissement en fonction des problématiques spécifiques (de la dépendance). Le projet a inclut un volet ambulatoire et un volet post-traitement (post-résidentiel ou post-thérapie intensive de jour). L'analyse des résultats montre que les programmes 12 étapes sont plus efficaces (10 % de mieux), pour tous les paramètres et lorsque les dysfonctions dues à la maladie primaire (la dépendance) sont en premier plan, dérégulation émotionnelle par exemple, alors que lorsque les comorbidités psychiatriques sont plus présentes une thérapie comportementale a plus d'impact sur les problématiques psychiatriques ou psycho-sociopathologiques. Après un an de suivi, les résultats montrent, dans le groupe ambulatoire avec peu de problèmes psychiatriques, un avantage pour les programmes 12 étapes (plus d'abstinence) comparé au traitement cognitivo-comportemental.

L'approche 12 étapes est aussi la plus efficace chez les patients du groupe post-traitement chez qui le problème de thématique du sens est central. Pour les dépendants dont l'environnement social d'origine favorise la dépendance, les programmes 12 étapes se révèlent l'approche la plus fructueuse après trois ans de suivi! Une étude comparative effectuée par Moos, Finney, Ouimette & Suchinsky (1999) plaide également en faveur des programmes 12 étapes par rapport aux thérapies comportementales cognitives. Malgré des améliorations - constatées dans les 2 orientations - des 6 variables mesurant les résultats (abstinence, problèmes liés à la dépendance, souffrance psychique, symptômes psychiatriques, arrestations et situation de travail), on observe des différences significatives. Trois variables révèlent de sérieuses améliorations en faveur du traitement 12 étapes: taux d'abstinence supérieur, moins de problèmes liés à la dépendance et un nombre supérieur de personnes travaillant. L'accompagnement post-traitement sous forme d'aide ambulatoire et de participation à des groupes d'entraide se ralliant au système à 12 étapes, conduit à la consolidation de ces résultats. Finney, Noyes, Coults & Moos (1998) précisent les variables de résultats (17) pour les programmes 12 étapes et la thérapie comportementale cognitive (TCC). De leurs recherches, il ressort que les patients ayant suivi un traitement 12 étapes voient leur situation s'améliorer non seulement en ce qui concerne les résultats correspondant aux 12 étapes spécifiques (des différences significatives avec les usagers de TCC sont enregistrées ici), mais aussi une progression plus marquée au niveau des variables de résultats que pour les thérapies comportementale cognitives ( self-efficacy supérieure, aptitudes pour le coping, ...). Des recherches récentes n'ont cependant pas réussi à établir le lien entre les variables de résultats et le résultat "final" (Finney, Moos & Humphreys, 1999).

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