Modèle Minnesota

Le Modèle Minnesota se fonde sur une approche thérapeutique pluridisciplinaire, distincte de l'approche psychiatrique, et sur l'ancrage dans les groupes d'entraide. Le Modèle Minnesota repose sur un concept de maladie clair, (National Council on Alcoholism And Drug Dependence, 3 février 1990), qui définit l'alcoolisme comme une maladie primaire, chronique, avec des facteurs génétiques, psychosociaux, et environnementaux influençant son développement et ses manifestations.

La maladie est souvent progressive et fatale si elle n'est pas arrêtée. Elle est caractérisée d'une façon continue ou périodique, par la perte de contrôle de la consommation, par la préoccupation par rapport à la substance, par la poursuite de l'utilisation malgré les conséquences négatives et par une distorsion de la pensée, principalement le déni. (voir comprendre l'alcoolisme).

Le modèle 12 étapes

La philosophie du modèle à 12 étapes ne fait pas uniquement fonction de cadre de réflexion pour conceptualiser la maladie, mais offre également une possibilité de changement. Le patient qui s'engage dans le traitement peut en tirer une perspective d'avenir (Peteet, 1993). À travers toutes ces étapes, un certain nombre de phases sont parcourues.

En premier lieu, (étapes 1-3), la personne dépendante accepte qu'elle ne peut exercer aucun contrôle sur la maladie et que le rétablissement implique qu'elle fasse confiance à de l'aide extérieure (Wallace, 1996). Ensuite (étapes 4-7), un inventaire des conséquences de la dépendance est établi, ce qui accroît la prise de conscience du problème et la volonté de changer.

Dans une troisième phase (étapes 8-9), ces changements sont effectivement mis en pratique, pour enfin (étapes 10-12) intégrer cette nouvelle attitude dans le cadre de vie et conserver le rétablissement acquis. Nous ne pouvons insister suffisamment sur le fait que la perte de contrôle présumée, que la personne dépendante doit reconnaître, ne porte que sur la relation à l'objet de la dépendance. L’usager n'est en aucune manière exempté de sa responsabilité dans les chances de réussite du processus de rétablissement. (Wallace, 1996; Wells, 1991). La même chose se vérifie en ce qui concerne la confiance que la personne dépendante doit placer dans l'aide extérieure. Les recherches de Christo & Franey (1995) révèlent que l'adhésion à l'aspect spirituel du traitement n'entraîne pas une perte de contrôle externe. Les auteurs remarquent plutôt une tendance à une responsabilisation personnelle accrue.

Le développement du modèle 12 étapes comprend quatre expériences qui sont également des moments clés (Marron, 1993): un sentiment de désespoir, une expérience de crise (hitting the bottom, déflation de l'égo), un tournant intensément vécu et qui offre une perspective pleine d'espoir, et le glissement d'un égocentrisme destructeur vers une interaction constructive avec les autres. Galanter (1993) décrit les nombreuses expériences qui sont faites pendant le processus de rétablissement: le groupe en tant qu'objet transitionnel qui remplace le soutien apporté par l'alcool et les drogues; un bouleversement spirituel qui s'exprime en un profond changement d'attitude; la satisfaction de besoins psychiques (p.e. la diminution de l'angoisse) et l'expérience intense de l'altruisme des membres du groupe.

Pour grandir efficacement, on présume un engagement fort, une implication émotionnelle et une expérience émotionnelle intense (une expérience extrême qui conduit à l'adoption d'un cadre d'interprétation alternatif) (Galanter, 1993). Marron (1993) attire l'attention sur le fait que l'acceptation inconditionnelle par les membres du groupe (l'abandon de la non reconnaissance, l'acceptation d'une forme constructive de dépendance et de soutien) de même que l'acquisition d'une identité qui crée un contexte ("Je suis dépendant") facilitent ce processus. Steffen (1997) insiste quant à lui sur l'effet intégratif du partage des expériences, tant au niveau de l'expérience individuelle qu'à celui de la formation d'un contexte dans lequel des égaux se rencontrent. Le fait de raconter aux autres permet également de procéder à une nouvelle interprétation de sa propre situation. Kurtz (dans Spicer, 1993, p. 21) décrit l'un des piliers de l'approche par étapes comme étant "the shared honesty of mutual vulnerability openly acknowledged". Hopson (1996) souligne avec Mack, Kohut et Bateson l'importance donnée dans le modèle à étapes au "fellowship" en tant que réseau au sein duquel l’usager trouve soutien et acceptation, ce qui joue un rôle important dans le développement de la capacité d'autorégulation et d'auto sollicitude.

De la même manière que Twerski (1990) et Chappel (1993), Nealon-Woods, Ferrari & Jason (1995) décrivent l'implication au sein du groupe comme une forme constructive de dépendance, où le soutien social des membres du groupe joue un rôle clé dans le processus de changement.

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